COUPE DU TRÔNE 2012/2013
YES WE CAN

La malédiction n’existe pas, elle ne peut tisser ses toiles que dans la tête de tous ceux qui succombent facilement aux ironies du hasard ou plus grave encore, cachent leur désarroi derrière un alibi des plus dérisoires.

En remportant la coupe du trône ce Lundi 18 Novembre 2013, la ville d’El Jadida s’est enfin libérée de ce complexe réducteur qui l’avait accompagnée durant toutes ces années, au point de faire douter les plus optimistes de ses supporters. Seulement, cet exploit historique ne s’est pas fait de lui-même. L’unanimité dont ont fait preuve tous les intervenants dans ce domaine sportif a représenté la plus imparable des forces de frappe qui a réconcilié le Difâa avec l’histoire de cette ville qui n’a plus la patience d’étouffer éternellement ses cris de désespoir, tout en couvant dans ses entrailles un potentiel des plus consistants que ce soit dans les profondeurs de son passé qu’en matière de ses valeurs naturelles et humaines.

Une consécration et un cas d’école qui devrait faire des émules, c’est sous cet angle là que certains locaux doivent lire et apprécier cette nouvelle page de l’histoire sportive de leur ville. Pour une fois, El Jadida n’a pas dispersé ses forces dans les banalités de certaines prétentions aussi circonstancielles qu’infructueuses. Le climat des plus sereins qui a marqué cette nouvelle saison Footballistique d’El Jadida est incontestablement le sésame qui a ouvert les portes de la victoire. Des dirigeants qui ont su tirer les leçons du passé récent ou lointain, une équipe qui se respecte et respecte ses engagements, des supporters fidélisés, des partenaires ouverts sur la société civile, un maestro de pelouse appelé Benchikha et un Gouverneur qui veille au grain pour que toute cette harmonie porte les fruits tant espérés par cette équipe Jdidie qui a toujours séduit sans jamais consommer ses amours.

Benchikha à qui on a offert les clés de la ville avec grande cérémonie, vient de prouver qu’il est à la hauteur de cet honneur. En couronnant El Jadida du premier trophée qui est des plus prestigieux, il a aussi ouvert une nouvelle page pour le Football de la Province. Un événement qui marquera à jamais l’histoire de ce sport roi et qui rendra de fait un grand hommage à tous les anciens, dirigeants comme joueurs qui avaient donné beaucoup d’eux-mêmes pour vivre un moment pareil.

En réponse à une journaliste qui voulait noter son impression avant le compte à rebours, Benchikha avait aimablement répondu « On ne peut rien dire avant le match, on ne peut rien dire après le match, le tout se dit dans le match ». Et ce tout dont faisait allusion le coach du DIFÂA fait aujourd’hui le bonheur de toute une ville trop longtemps frustrée par le goût de l’inachevé. Un tout qui porte le nom de la première coupe du trône du Maroc, le trophée le plus prestigieux qui fait rêver tous les clubs et auquel El Jadida avait à peine frôlé les contours et ce, à trois reprise depuis sa création officielle en 1956.

Ahmed Chahid