Avec le même élan de disponibilité et les mêmes ressorts de passion dont il a fait provision pour mener ses études et recherches et écrire ses oeuvres et romans, donnant la mesure de sa capacité à sonder les tréfonds des sociétés marocaine et maghrébines, l’écrivain Abdelkébir Khatibi reçoit ses visiteurs à la chambre 3113 de l’hôpital Cheikh Zayed à Rabat.
L’impression qui frappe, de prime abord, tout visiteur franchissant le seuil de la chambre bien ensoleillée où a été admis le sociologue et homme de lettres marocain, c’est la mine sereine du chercheur : le même éclair dans le regard malgré l’effet du temps qui a paré sa chevelure de blanc, les mêmes affabilité et élégance du verbe, pétri d’espérance et d’incantations pour retrouver prompt rétablissement et renouer avec la passion de la recherche et de l’écriture.
De son lit d’hôpital, où il a été admis suite à des ennuis cardiaques, Khatibi a confié à la MAP ses espérances et son réconfort au moment où il est en phase de convalescence, ne cachant pas son voeu de pouvoir reprendre le cours de sa vie normale, celle qu’il a vécue avec intensité et plénitude au service de la recherche, donnant la quintessence de son génie créateur.
Avec l’humilité qui sied aux grands, Khatibi évoque le souvenir des distinctions internationales qu’il a obtenues, notamment celles qui lui ont été décernées récemment: « Le prix littéraire de la seconde édition du Festival de Lazio d’Europe et de la Méditerranée » et le prix du « Grand printemps » de l’Association française « hommes de lettres » pour l’ensemble de ses oeuvres poétiques, dont une partie est parue dernièrement en trois tomes chez la maison française « La Différence » .
Abdelkébir Khatibi a passé sous silence, par modestie, le fait qu’il est le premier écrivain marocain et arabe à obtenir ce prix, décerné par l’Association française créée en 1838 par une pléiade de noms illustres de la littérature classique de l’Hexagone tels Honoré de Balzac, Victor Hugo et Alexandre Dumas.
Après des examens médicaux et une affable discussion avec son médecin spécialisé, entrecoupée de marques de bonhomie entre les deux hommes, l’auteur du « penser le Maghreb » s’est plu à rappeler ses amitiés inusables et son ardent désir de pouvoir quitter l’hôpital pour s’adonner à ses penchants de lecture et d’écriture et se consacrer à son agenda rituel fait de rencontres avec ses connaissances et ses intimes.
Abdelkébir Khatibi n’a pas manqué de faire part de sa profonde gratitude pour la haute sollicitude que lui a témoignée SM le Roi Mohammed VI, qui a pris en charge l’hospitalisation et les soins prodigués au chercheur marocain, depuis son admission jeudi dernier à l’hôpital.
Autre signe de considération pour l’homme de lettres marocain, il a été décidé, sur Hautes Instructions Royales, de lui conférer à vie la qualité de professeur universitaire à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Mohammed V de Rabat, avec tous les avantages y afférents.
Avec le même sourire affable, Khatibi prend congé de ses visiteurs sans se départir de ces élans passionnés de continuer l’aventure de l’écriture sur des questionnements lancinants de l’heure, qui ne laissent pas de le tarauder même sur son lit d’hôpital.
MAP