EL JADIDA ABORDE SA VITESSE DE CROISIERE

Les turbulences économiques qui ont marqué ce début du 21ème siècle ont tendance à passer assez loin des côtes d’El Jadida. Les temps sont au beau fixe dans cette province qui aborde sa vitesse de croisière dans un superbe élan de croissance au point de se positionner en passage obligé dans le jeu économique national.

En terme d’investissement, les indicateurs ont vraiment de quoi susciter l’intérêt des pro­fessionnels, puisque l’aiguille des chiffres annonce une hausse de 148% du montant d’investis­sement au premier semestre 2013, par rapport à la même période de l’année précédente, soit un total de 5.2 milliards de DH. En d’autres termes, La province impose déjà sa notoriété en pesant sur la balance économique du pays, à raison de 20% des exportations et 10% de la production industrielle. Ces indices s’affichent avec plus de lisibi­lité si l’on se réfère à l’enchaine­ment cadencé de leur importance durant les trois dernière années qui révèlent près de 27 milliards de DH captés en 2010, 28 milliards de DH en 2011 et 34 milliards de DH pour 2012. C’est au niveau du port de Jorf Lasfar, considéré comme étant le plus grand port minéralier d’Afrique que se joue tout le destin de ce deuxième pôle économique du pays. Ce noyau dur autour duquel gravite toute une constel­lation de projets de grande enver­gure est en perpétuelle dynamique et ne cesse de réajuster sa structure pour répondre avec anticipation à toutes les exigences futures dont les contours se dessinent de plus en plus nettement.

Le défi de la sécurité énergétique que le pays doit relever est aussi tributaire du développement de la centrale thermique JLEC, filiale du groupe Emirati TAQA. En plus de ses 4 unités de production opéra­tionnelles dans l’enceinte du port de Jorf Lasfar, la centrale élargit sa capacité par la réalisation de deux autres unités qui devraient entrer en fonction respectivement fin 2013 et courant 2014. Pour compléter le tableau, la pro­vince ratisse large en tablant aussi sur l’énergie éolienne. Et à ce titre, on a annoncé officiellement qu’un projet de parc éolien est en ges­tation et sera ploté par des inves­tisseurs Hallandais qui ont lancé les études relatives à l’installation d’un parc de production d’énergie propre dans cette même zone. L’objectif de cette course vers l’avant est de consolider les struc­tures d’El Jadida pour en faire le premier et grand pourvoyeur d’énergie au niveau national.

Outre les 44% de la production nationale en électricité que fournit aujourd’hui El Jadida, son ambi­tion est d’aller plus loin en ciblant le poids de 60% à l’horizon 2020.

Dans cette dynamique que connait El Jadida à travers le port de Jorf Lasfar, le groupe OCP qui ne cesse d’affiner les dernières retouches qui le propulsent au rang de la première plateforme mondiale des phosphates et dérivés, détient la palme de l’innovation grâce à son méga projet « Jorf Phosphate HUB ». Celui-ci a nécessité prés de 63,5 Milliards de DH qui ont généré 5000 postes d’emploi direct. Une ambition des plus audacieuses ayant consisté à créer une unité de conditionnement de la pulpe de phosphate et 10 nouvelles usines de production d’engrais qui ont été réalisées avec la participation de partenaires étrangers. Le pro­jet Downstream, vise à filtrer et sécher la pulpe de phosphate trans­portée par le futur pipeline des mines de Khouribga dans le but d’obtenir du phosphate sec destiné à l’exportation.

Le résultat final de cette stratégie aura aussi de quoi donner un coup d’accélérateur à l’industrie régio­nale de la parachimie qui compte déjà une cinquantaine d’entre­prises, entre autres, spécialisées dans les produits pharmaceutiques et les détergents et qui sont actuel­lement en développement, avec un total de production dont le montant est évalué à 28,3 milliards de DH.

L’autre facette de ce gigantesque chantier industriel qui aura à conditionner l’avenir de la Pro­vince d’El Jadida est représenté par le parc industriel de Jorf Las-far de 500 ha, ouvert depuis 2010 par l’aménageur Medz, filiale de la CDG. La première tranche de ce parc totalisant 240 hectares pour un investissement de 5 milliards de DH a déjà été commercialisée à hauteur de 71%. Toutefois et mal­gré les difficultés de la conjoncture internationale actuelle, cette zone de prédilection ne cesse de foca­liser l’intérêt de nombre d’entre­prises qui convoitent s’installer dans la deuxième tranche du parc, actuellement en phase de pré-com­mercialisation et qui porte sur 260 hectares.

Chahid Ahmed