Le Vendredi dernier, lors de la conférence de presse, organisée à l’hôtel Mazagan à l’occasion de la deuxième édition du Festival Jawhara, le maire d’El Jadida a offert la clé d’or de la ville à M. Salem El Hindi, Directeur du Groupement Rotana.
Toujours est-il qu’au-delà de la symbolique de ce geste qui ne fait que refléter le sens d’hospitalité des Doukkala et qui a été consolidé par un accord de partenariat d’une durée de trois années entre l’Association de Doukkala et Rotana ; ce que nous pouvons retenir de plus, c’est le fait que le moule de la première édition de Jawhara s’est avéré superbement ciselé, d’où la confiance voire l’intérêt que lui accordent les professionnels de Rotana en le créditant d’une belle fenêtre médiatique à l’international.

A souligner que selon le communiqué de presse des organisateurs de cette manifestation de grand choix, l’édition Jawhara 2012 se tiendra du 1er au 7 juillet sous le thème « Musique et sport, leviers de changement». On y prévoit un programme riche et varié qui met à l’honneur plus de 300 artistes venus du Maroc et d’ailleurs. La France, l’Espagne, l’Algérie, le Liban…sont autant de pays participants à cette grand-messe artistique. Des concerts de musique, une parade d’ouverture, des expositions d’arts plastiques, un spectacle pyrotechnique, du sport et des animations pour enfants…sont les volets qui font la programmation de cette année.
Soucieux de la promotion des jeunes talents en musique, les organisateurs ouvrent le bal par le concours JawharaTalents qui se tient du 1er au 3 juillet sur la scène breija.
Les jeunes vainqueurs auront droit à une soirée grandiose la nuit du 4 juillet avant de céder la place aux célébrités de la chanson qui annonceront le festival Jawhara officiellement ouvert. A partir du 5 juillet, c’est sur la grande scène de l’hippodrome de la ville d’El Jadida et sur la scène d’Azemmour que la fête se poursuivra tous les soirs jusqu’au 7 juillet.
La chanson populaire, genre musical préféré des jdidis, est présente en force cette année. Et ce n’est autre que l’enfant terrible du chaâbi Abdelaziz Stati et la diva de l’Atlas Najat Aâtabou qui enchanteront le public. Une autre diva de la chanson marocaine se joint à la liste puisque Latefa Raâfat sera également de la fête.
La jeune scène sera représentée par les créateurs de la Hayha Music, les Hoba Hoba Spirit qui apporteront à Jawhara le goût de la fête casablancaise. Du Souss, c’est le groupe Ribab Fusion qui s’occupera de promouvoir la chanson amazigh nouvelle version. Les adeptes du Raï se feront plaisir en écoutant et en dansant sur le flow original de Muslim. Le public d’El Jadida fera également la rencontre d’El Gato Moran, spécialiste des chants latinos. Figure emblématique de la Salsa made in Spain, El Gato se produira à Azemmour.
Ci-après un entretien de M. Mouâad Jamaï, Gouverneur de la Province d’El Jadida et Président fondateur du Festival Jawhara qui a marqué un indéniable tournant dans la vie culturelle, artistique et festive d’une ville qui trouvait de la peine à dépasser les crises léthargiques l’ayant marquée tout au long des dernières décennies.
Entretien avec Mouâad Jamaï, Gouverneur de la province d’El Jadida
Peut-on dresser un bilan sur le festival international Jawhara, quel a été son apport à la ville, à ses habitants et à ses artistes ?
Le plus dur dans une manifestation culturelle de la taille de Jawhara, c’est le début parce que le moule du festival se fait la première année. Donc, la difficulté de l’année dernière était de produire cette manifestation internationale qui a drainé pratiquement un million de spectateurs. Si on fait le compte du coût réel des différentes activités (concerts de musique, spectacles de rue, exposition…) et de ce que ça aurait coûté à chaque personne, c’est négligeable.
C’est vraiment un ratio extrêmement intéressant et nous pouvons dire que nous avons amélioré de façon considérable le nombre de visiteurs de la région en cette période estivale.Comment comptez-vous intégrer une politique culturelle dans la province d’El Jadida qui est un véritable chantier touristique et économique ?
A mes yeux, on ne peut pas dissocier le culturel de l’économique et du développement tout court. La plus grave des pauvretés, c’est la pauvreté intellectuelle. Pour tracer une politique pour une ville, il faut toujours commencer par la partie la moins matérielle, à savoir la culture pour que les gens puissent donner de l’importance au reste. On utilise la musique et la culture de façon générale comme un levier de développement et c’est un levier qui va commencer avec l’école, les instituts, l’apprentissage de l’art. C’est pour cela que nous avons attaqué la réhabilitation du théâtre, créé « Jidariate » au niveau d’Azemmour, encouragé l’ouverture de galeries d’art….El Jadida est une ville qui se prête à être une capitale de la culture. D’ailleurs elle l’est déjà vu le nombre d’écrivains et d’artistes connus qui sont d’origine jdidie.
On devine une volonté de la Province pour développer l’animation culturelle à travers une musique issue de notre patrimoine comme le melhoun, le chaâbi, la musique andalouse… Est-ce un choix de valoriser ce patrimoine musical ?
Doukkala a toujours été une région d’ouverture. De par sa position géographique, c’est elle qui a participé à la construction de Casablanca.
Au début de siècle, la région de Doukkala et plus précisément El Jadida abritait 15 représentations diplomatiques. C’est une ville d’ouverture et de diversité, c’est pour cela qu’il faut parler de plusieurs facettes musicales, aussi bien Al Aïta, le Melhoun et d’autres genres musicaux qui sont présentes dans la région. C’est pour cela que le festival Jawhara ressemble à sa population. C’est un festival ouvert sur la jeunesse, un festival généreux où plusieurs profils culturels cohabitent.Les festivités de Jawhara sont directement suivies par celles du moussem Moulay Abdellah. Qu’est ce que cela représente pour vous ?
C’est plutôt le moussem de Moulay Abdellah qui est précédé par Jawhara. C’est le moussem phare de toute la région, qui a fait connaître El Jadida depuis très longtemps, C’est l’amour du cheval, c’est la relation entre l’homme et cet animal noble, c’est la relation de l’agriculteur avec la fête après la moisson, c’est la fête doukallie…On est venu se greffer au Moussem Moulay Abdellah pour qu’on puisse offrir une cohabitation entre musique e t moussem et pour offr ir une relation hori zontale entre les villes, Azemmour, El Jadida et Moulay Abdellah. C’est pour cela que nous avons créé ces évènements de façon continue.
Le festival Jawhara , de par sa programmation, prête une bonne place à la jeunesse. Que représente justement cette tranche de la population pour le développement de la province ?
Il n’y a pas que le festival Jawhara qui prête une attention à la jeunesse marocaine. Je dirais que même la constitution marocaine a réservé une place à la jeunesse marocaine. Il faut être aveugle pour ne pas accorder une place à la jeunesse parce que la jeunesse, sur le plan de la pyramide des âges, est le socle le plus important. D’autant plus que les jeunes d’aujourd’hui sont les décideurs de demain. Miser sur la jeunesse, c’est miser sur l’avenir. D’ailleurs, c’est le credo de Sa Majesté le Roi que Dieu l’Assiste qui ne cesse de faire des appels à la jeunesse, une jeunesse très solide, qui s’assume et qui est entrain de réussir l’après 50 ans de l’indépendance.
Cette génération doit nous faire rentrer dans la mondialisation et le Maroc est un grand point d’impact pour la mondialisation de par sa situation géographique: proche de l’Europe, à l’extrême du monde arabe et entièrement ancré en Afrique.