El Jadida : des lieux de mémoire négligés

De nombreux monuments dont le théâtre municipal, les anciens bureaux du cercle d’El Jadida, la douane, le services des mines, la poste, la Banque du Maroc, le marché central, l’hôtel Marhaba et la kissaria Tazi sont un peu abandonnés et certains quartiers de la vieille ville et de la cité portugaise méritent une attention particulière alors qu’ils sont chargés d’histoire.
L’urbanisation de la ville est incontestable, c’est un acquis. Mais cette urbanisation a-t-elle permis de promouvoir un urbanisme qui privilégie l’homme, qui favorise l’épanouissement du citoyen, qui exprime la culture et la civilisation de notre ville, qui provoque «la joie de vivre» en créant une harmonie et une entente entre le bâti et l’homme ?

Sauvegarde de la Médina

Quand on passe, au cours d’une promenade, les différents avenues et rues de la ville, on est choqué par les beaux immeubles du début du XXe siècle bien fignolés avec des immeubles qui contrastent sans caractères et sans cachet. La médina d’El Jadida en particulier est une merveille qui mériterait d’être sauvegardée car c’est un héritage, une ville complète avec ses trésors d’architecture : mosquées, riads, kissariats, souks, quartiers artisanaux et commerciaux spécialisés, ces quartiers ont chacun un cachet. Mais malheureusement elle tombe en ruines, vidée de son contenu humain d’origine et envahie par les ruraux qui la surpeuplent et qui contribuent d’une manière accélérée à la dégradation des maisons. La médina, c’est toute une culture, tout un passé, toute une authenticité.
La médina a beaucoup inspiré. C’est nous même.
Elle nous a beaucoup donné, elle continue à nous donner. Si nous sommes ce que nous sommes, et si on fait ce que nous faisons jusqu’ici, c’est toujours à partir de nos inspirations de la médina.
A partir de son architecture, de son cadre, de ses proportions, de sa culture, de ses traditions, de ses personnages, de son rythme, de sa musique et de ses portes. A partir de la médina, on a pu apprendre toute la vie. La médina, c’est quelque chose de fabuleux.
Il est vrai que, malheureusement, elle ne fait plus partie de la vie actuelle, mais culturellement parlant elle existe.
La médina, c’est aussi le temps de vivre au rythme des siècles qui enrichissent le regard de ceux qui refusent la froide civilisation du béton.

Lekhiar El Mostafa – 27 Mars 2003