Sidi Bennour: Une panne dans l’ unité sucrière entraine la pollution de l’environnement

A Sidi Bennour, l’air est irrespirable. La puanteur que dégagent les égouts, depuis un certain temps, crée un calvaire sans précédent chez les citoyens de cette paisible ville qui se sentent, désormais, incapables d’affronter ce mauvais sort. Ils ont, en effet, interpellé, à plusieurs reprises, les responsables des départements concernés sans que cela ne serve à réduire l’agression olfactive que subit cette population comme un purgatoire.
La catastrophe de Sidi Bennour a explosé à la suite d’une panne survenue, début août, dans l’unité sucrière de COSUMAR. Le turbo alternateur a cessé d’alimenter les machines en énergie tout au long d’une semaine. Du coup des tonnes de sucre liquide ont été déversées dans les égouts. Le produit coule dans le canal à ciel ouvert en direction d’El Jadida pour se noyer dans l’Atlantique.
La panne a généré de lourdes conséquences, non seulement sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan économique. Cette période coïncide d’autant plus avec la campagne sucrière qui ne peut donner ses fruits tant que les betteraves sont accumulées dans des camions ou attendent toujours dans les champs sous la chaleur torride. Le pourcentage en sucre dans la betterave de la deuxième zone de la ville commence à se dégrader puisque le cycle de maturité a été dépassé de beaucoup et que la plante commence à épier. Résultat : une énorme perte en sucre frappe de plein fouet le producteur, la COSUMAR et par là même l’économie du pays.
La réparation de la panne n’a, malheureusement, rien arrangé au problème à diverses facettes. L’épuration de la matière provenant de la deuxième zone semble très difficile voire impossible. La raison en est que la pureté de la betterave est tellement basse que les filtres ne sont plus capables de faire passer, normalement, le jus épuré.
Donc pour résoudre ce problème, les responsables n’ont pas trouvé mieux que de déverser de grandes quantités de suacre dans les égouts. Le jus coule à ciel ouvert à travers la plaine menaçant la santé de la population, les domaines agricoles et les bétails.
Jusqu’à quand les Doukkalis devraient-ils supporter cette situation intolérable ?

A.M – Libération