Détournement de la vérité. C’est ainsi qu’on peut qualifier cette ultime salve médiatique, véhiculée tout récemment dans les milieux jdidis, et qui est supposée être inscrite dans le cadre d’une réconciliation du conseil municipal avec des citoyens, martyrisés depuis longtemps par ce genre de manipulations pré-électorales.
Dans son audace qui frise l’effronterie, on a osé maquiller le bilan du conseil municipal dans le but de redorer le blason à une équipe qui n’a fait que gérer ses crises, tout en restant aux antipodes des attentes de la population locale.
A cette occasion, nous avons estimé qu’il est de notre devoir d’éclairer l’opinion publique sur certaines vérités que les détracteurs de la volonté citoyenne veulent étouffer dans un écheveau de mensonges et autres divagations.
Secteur III
Il serait ridicule d’annoncer aux citoyens que le secteur III a été ouvert à l’urbanisation, alors qu’il est toujours considéré comme étant l’un des plus grands points noirs qui freine le développement urbanistique sur une superficie de 800 ha.
Tous les blocages qui paralysent cette zone sont liés au non-respect de l’engagement de la municipalité vis-à-vis du protocole d’accord, signé depuis 1996 et qui stipule que la municipalité doit s’engager à ouvrir les voies d’aménagement tout en dotant le secteur de l’infrastructure de base adéquate, dont notamment le réseau d’assainissement, l’eau et l’électricité.
Aujourd’hui encore et après presque une décennie de tergiversations municipales, cette partie de la ville est toujours considérée comme zone enclavée, où l’unique style d’habitat qui y prolifère est ironiquement appelé “habitat réglementaire sous équipé”.
La seule voie d’aménagement qui a été réalisée dans ce secteur, en l’occurrence l’avenue “O” a été financée par le budget régional. Une action qui a pallié le désintérêt total des gérants de la municipalité, alors que la ville enregistre des besoins de plus en plus pressants en matière d’habitat.
Collecteur hors-site
L’autre pilule qu’on voulait faire passer en douce, quitte à induire en erreur une population de plus en plus vigilante, concerne le collecteur hors site qui est censé régler les problèmes d’assainissement dans tout le secteur III et une partie du secteur II.
Là aussi, c’est en raison du désengagement total de la municipalité que les choses traînent depuis 1996, date du lancement d’un ambitieux projet qui n’a jamais vu le jour.
Initié dans le cadre d’un protocole d’accord, signé conjointement par les grands promoteurs immobiliers opérant dans le secteur (ANHI, OCP, IRAC …) d’une part et la municipalité d’autre part, ce projet est resté lettre morte au risque d’handicaper irrémédiablement toutes les tentatives d’une urbanisation harmonieuse.
Si d’un côté, tous les opérateurs ont affiché de bonnes volontés pour honorer leurs engagements, tels que stipulés par le protocole d’accord, il n’a jamais été de même, du côté de la municipalité; cette dernière, ayant à charge d’ouvrir les voies d’aménagement tout en gérant la collecte des quotes-parts des opérateurs privés installés dans le périmètre en question.
Et c’est cette défection qui fait que tout le secteur vit aujourd’hui à l’heure des fosses septiques, condamnant ainsi différents projets, dont les promoteurs hésitent à s’engager dans une telle aberration.
Décharge publique
Quand on avance avec une telle légèreté que la décharge publique qui représente de nos jours un véritable abcès a été transférée à la commune de Moulay Abdallah, cela pourrait évoquer la pure provocation.
Aujourd’hui encore, aucune avancée notable n’a été inscrite sur le terrain malgré la dégradation de l’environnement et le désarroi des habitants mitoyens à cette calamité rattrapée depuis longtemps par l’urbanisation.
Pourtant, le projet du transfert de cette décharge qui traîne toujours a été initié depuis 1996 sur intervention de l’administration et dans le cadre du syndicat intercommunal.
Malgré les multiples revendications des citoyens qui se sont regroupés en association pour défendre une cause légitime, le conseil municipal reste toujours abonné absent et en total déphasage avec les aspirations de la population.
Station de relevage
Difficile de retenir un sourire de mépris devant la déclaration de quelqu’un qui se targue d’avoir réglé l’éternelle problématique de la station de relevage de Sid-Daoui.
Pour mémoire, rappelons que cette station est restée en panne durant vingt années, sans que cela sensibilise le moins du monde les différents conseils qui se sont relayés à la municipalité d’El Jadida, alors que la situation dans laquelle vivaient les citoyens était des plus dramatiques.
Encore une fois, il aura fallu attendre l’intervention de l’administration pour que soient dégagés les 6 millions de dh nécessaires à la réhabilitation de ladite station et sa mise en activité.
Aussi, pour couper court à toutes les surenchères, qui ont tendance à faire loi de nos jours, précisons seulement que le financement des travaux a été dégagé du reliquat du budget spécial, accordé à la province d’El Jadida, à l’occasion de la visite de Feu S.M Hassan II en 1994. Ce reliquat était initialement programmé pour la protection de la ville contre les inondations.
Habitat insalubre
En ce qui concerne la lutte contre l’habitat insalubre et plus précisément la restructuration des douars Ghazoua, Bouali et El Ghorba, considéré comme étant l’un des priorités du Conseil, notons pour le simple rétablissement de la vérité que cette action qui a été retenue dans le cadre du programme national a été financée dans son intégrité par le budget général de l’Etat (2001) à hauteur de 6 millions de dh.
Et si les délais d’exécution ne sont pas respectés jusqu’à nos jours, cela est dû malheureusement aux réticences du Conseil municipal qui paradoxalement refuse toujours d’entériner cette convention.
Quels crédits peut-on encore accorder à certaines allégations qui prétendent résoudre dans les meilleurs délais la grande problématique des 10 autres douars restants, surtout que cette fois-ci, l’action nécessite la contribution financière de la municipalité?
Question que nous laissons en suspens, peut-être que nos concitoyens ainsi édifiés trouveront-ils la réponse qui s’impose en pareil cas.
Tourisme d’El Jadida
Ce serait tenter le diable que d’évoquer le tourisme d’El Jadida. La situation de ce secteur relève du surréalisme, tant le déficit est trop grave, que ce soit en matière d’infrastructures hôtelières, d’accueil ou de divertissements.
De quel genre d’actions se targue notre Conseil lorsqu’il évoque la valorisation d’El Jadida pour en faire une destination touristique privilégiée?
S’il est fait encore une fois référence à la seule cité portugaise et aux différentes actions entreprises pour sa réhabilitation, disons seulement que l’ensemble des interventions (assainissement, entretien, dallage, aménagement de places…), ont été inscrites dans le cadre du budget provincial et régional, sans la moindre implication du Conseil de la ville.
Nous aurions aimé que les gérants de notre ville aient au moins la décence de protéger ce joyau de la ville contre la prolifération de ces constructions clandestines qui ont tendance à dénaturer cette cité qui représente le fer de lance d’un secteur sur lequel sont fondés tous les espoirs.
M.S – Libération