Fauconnerie [Trourisme à El Jadida], cet ouvrage document, est à la fois une monographie et un plaidoyer.
En tant que monographie, il peut être abordé sous trois optiques.
L’optique historique documentaire permettrait de suivre l’évolution et la pérennité d’une pratique ancestrale, la chasse au faucon, dont se sont considérés dépositaires, à travers les siècles, les Lekouassems, membres une tribu de la région d’Ouled Frej, qui, malgré les vicissitudes de la vie, ne vivent que pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine très délicat et extrêmement coûteux.
L’optique descriptive didactique rendrait compte de l’immense richesse inhérente à la fauconnerie, non seulement en tant que rite rivalisant avec le sacré ou d’activité à caractère ésotérique, mais également en tant que patrimoine susceptible de constituer un atout majeur sur le plan touristique.
L’optique esthétique se déclenche dès que le regard caresse la matérialité du support, tant est féerique la majesté du faucon perché, aux couleurs douces, qui occupe le premier plan d’un ciel couvert de cumulus imbibés de la légère clarté crépusculaire. Elle se poursuit avec le contact tactile et le plaisir procuré par l’apprêt du papier utilisé, avant de pénétrer dans l’ouvrage pour apprécier la variété d’un graphisme choisi avec doigté et l’éventail très large d’illustrations harmonieuses qui se répartissent entre gravures, peintures, photos…, et qui dénotent par leur conception et leurs dispositions un travail de véritable artiste.
Apparemment la dimension esthétique devrait être la composante essentielle de l’œuvre. Car, sans l’impact affectif-émotionnel du beau, ni les évocations historiques de la première approche, ni les instructions techniques de la seconde n’auraient su constituer à elles seules le plaidoyer au moyen duquel M. Chahid se propose de défendre un patrimoine à la fois culturel et touristique, et par là bien évidemment ses dépositaires, tout en sensibilisant la société à l’urgente nécessité de préserver celui-là et d’apporter le soutien indispensable à ceux-ci.
Derif Abdelhak