« Abdelkebir Khatibi est considéré comme l’un des auteurs Maghrébins de langue Française les plus inventifs – car son écriture est toujours une aventure- et l’un des analystes les plus pénétrants de la scène sociale au Maghreb, car il sait d’instinct se déporter au-delà des lignes de clivage pour pratiquer la double critique ; l’ici et l’ailleurs, l’autre et le même ». C’est en ces termes que M. Mohamed Kaouam, Président de l’Université Chouaïb Doukkali, a qualifié Abdelkebir Khatibi, dans son allocution annoncée lors de la cérémonie d’ouverture du colloque international, organisé à El Jadida du 26 au 28 Mars 2008, en hommage à ce géant de la littérature, qui a fait ses premiers pas et aiguisé ses premiers traits de plumes, dans le quartier Sfa d’El Jadida, à quelques mètres seulement de la merveilleuse plage de ce qu’on nommait autrefois Mazagan.
Ce colloque international qui relance une précédente édition de même envergure dédiée à Feu Driss Chraïbi, est à l’initiative d’une action conjointe organisée par l’Association Provinciale des affaires culturelles, l’Association At’Art des arts plastiques et le laboratoire d’études et de recherche sur l’interculturel de la Faculté des lettre de l’Université Chouaïb Doukkali, en collaboration avec l’Alliance Franco-Marocaine et autres partenaires.
« Faire un colloque sur Khatibi, n’a pas pour raison majeure, uniquement de démonter son importance d’écrivain, son évolution littéraire, sa valeur en tant que « polygraphe », sa traversée des signes, des codes et des genres littéraires, comme le souligne l’argumentaire de ce colloque, « Mais aussi de faire l’approche de sa position d’intellectuel-écrivain, de ses réflexions sur les catégories de pensées propres à son discours sur la société Marocaine, l’imaginaire arabe, la relation entre le local et le global, la question palestinienne, le bilinguisme, la tolérance, le religieux et le social, la double critique, la problématisation de la Francophonie, le détour psychanalytique, les traditions orales, la civilisation Marocaine, la diversité des arts et leur intersémiotique (peinture, photographie, dance…), la relation au pouvoir, (par sociologie ou par roman)… Khatibi reste un écrivain partagé entre la volonté d’écriture et le désir anthropologique ; d’où sa position originale dans le paysage littéraire national et dans les échanges intellectuels internationaux »
A signaler aussi que cette édition dont l’ouverture s’est déroulée dans galerie Chaïbia de la cité portugaise, où exposent nombre de peintres Jdidis, sous la présidence du gouverneur de la province d’El Jadida, connaît la participation de chercheurs de spécialités et horizons différents (Universitaires spécialistes en littérature, en analyse du discours, en traduction, en sociologie, en politologie, du monde de l’édition…), venant d’Universités Marocaines, d’Algérie, de Tunisie, de France et d’Allemagne.



Chahid Ahmed